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Par le biais des traductions - du grec, du persan, du sanskrit et du syriaque -, c’est tout un savoir scientifique et technique qui est transmis de l’Orient vers l’Occident. Ces textes étaient porteurs de nouvelles connaissances, de nouvelles références théoriques, jusque là inconnues, que le monde latin ne possédait pas. Cette double traduction de la langue source vers l'arabe puis de l’arabe en latin institua un corpus de connaissances en quelque sorte «universelles» car ces connaissances ont franchi à deux reprises la ligne de partage des langues et des religions. La civilisation arabo-musulmane a porté un nouveau regard sur ces connaissances, se donnant ainsi les moyens de construire les chemins de la science moderne et de nous transmettre une nouvelle vision du monde.

Dans le monde arabo-musulman, les recherches dans tous les domaines scientifiques ont des finalités pratiques et visent à résoudre des problèmes quotidiens comme le calcul de surfaces et de longitudes, l'aménagement urbain, l'amélioration du calendrier et, avant Copernic (qui eut connaissance de leurs travaux), critiquent Ptolémée et construisent un modèle planétaire centré autour du Soleil. Les Arabes inventent de nouvelles techniques utiles à l'agriculture : norias, pressoir à huile et à canne, techniques d’arpentage des terres, calcul des impôts, cartographie, architecture, navigation ou encore d'impressionnants automates.

Les Mathématiques, divisées d’abord en deux grandes branches: les «sciences du calcul» ou arithmétique et les «sciences de la mesure» ou géométrie (place importante d’Euclide), vont s’ouvrirent à ce que l’on allait appeler «algèbre» (al-jabr), théorisée par le célèbre mathématicien et astronome Al-Khwârizmî (Le mot «algorithme» vient de son nom), auteur de l'ouvrage Kitab al Jabr (de jabara, réduire).

L'histoire du mot «chiffre» mérite d'être racontée : en empruntant aux Indiens leur système de numération et d'écriture de position des nombres (qui facilite grandement les opérations arithmétiques), les Arabes désignèrent le 0 : es-sifr, littéralement, le vide. Le mot fut latinisé en cephirum ; en Italie, il devient zefero puis zéro ; en France, il devient chiffre – pour désigner l'ensemble des caractères numériques – et pour lever l'équivoque, on emprunta à l'italien le zéro pour désigner la valeur nulle qui à proprement parler devrait avoir l'exclusivité de s'appeler chiffre. C’est toutefois au XIIe siècle seulement que sous l’influence de la science arabo-musulmane, on utilise en Occident latin le «calcul indien» c’est-à-dire l’arithmétique de position utilisant neuf chiffres et le zéro pour effectuer les opérations fondamentales du calcul.

L’optique, l’alchimie, l'astronomie, la mécanique firent leur apparition en Occident en provenance de l’0rient arabo-musulman. L’alchimie dont le nom provient de l’arabe al-kimiyâ, dérivé par le syriaque du grec, langue dans laquelle il signifiait «art de fondre, d’allier les métaux», donna naissance à des systèmes complexes attirant une méfiance et même de l’hostilité de la part de l’Eglise latine. Alors que l’astronomie s’était largement développée dès le IXe siècle en Orient, ce n’est qu'au XIIe siècle que les nouvelles traductions des tables astronomiques donneront aux Occidentaux la maîtrise définitive de l’astrolabe qu’ils apprennent à fabriquer eux-mêmes.

Pour aller plus loin


"Les sciences passerelles entre le monde arabo-musulman et l’Europe (viiie-xve s.)", Ahmed Djebbar, Université de Lille

"Les jardins et les paysages dans la culture arabe-musulmane. Un élément de dialogue avec l'Europe", Mohamed EI Faiz, Université de Marrakech

"The Role of Astronomy in the Dialogue Between the Arab Islamic World and Europe", George Saliba, Columbia University, USA

"La technique au service du progrès: l'exemple des technologies hydrauliques", Ahmed Djebbar, Université de Lille

"L'agronomie arabe: de la science de la terre et des plantes à l'art des jardins", Ahmed Djebbar, Université de Lille

"Les sciences arabes: entre savoir-faire, expérimentation et savoir théorique", Ahmed Djebbar, Université de Lille

"Philosophie et sciences en pays d'Islam: une cohabitation féconde", Ahmed Djebbar, Université de Lille

sciences.txt · Last modified: 2016/06/15 10:52 by user

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